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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Mandela : un long chemin vers la liberté : un film sous la critique (1)

Publié par Les Cris, la suite sur 14 Janvier 2014, 17:18pm

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Le 5 décembre 2013, le monde est sous le choc. Le dernier héros du XXème siècle vient de disparaître. À l'âge de 95 ans, Nelson MANDELA trouve enfin la liberté pour laquelle il s'est tant battu. Le film basé sur son autobiographie Un long chemin vers la liberté sort dans les salles obscures seulement quinze jours après sa mort. Ce long métrage qui rend hommage au premier président noir d’Afrique du Sud est malgré tout à revoir sur certains points.

Bien que les discriminations raciales aient commencé bien avant, l'apartheid (ou politique de « développement séparé ») est officiellement instauré en 1948 lorsque le Parti National arrive au pouvoir en Afrique du Sud. Le terme « apartheid » est lourd de sens et pourtant il n'est utilisé qu'une seule fois et pas de la bouche de Nelson MANDELA. La première personne à utiliser le terme pour désigner la politique Sud-africaine de discrimination raciale est Zindzi MANDELA, la fille de Nelson et de Winnie MANDELA, lors de la lecture publique de la réponse de Nelson au président BOTHA concernant sa libération à la fin des années 1980. Ceci peut mettre en évidence la difficulté qu'a encore l'Afrique du Sud à assumer son ancien régime ségrégationniste.

On voit parfaitement le moment où Nelson MANDELA rejoint l'ANC (African National Congress) en 1944 lors de la campagne de boycott des bus de Johannesburg par la population discriminée. Cependant, l’intérêt de ce dernier pour la politique n'a pas commencé à ce moment-là. Dès son plus jeune âge, après la mort de son père, MANDELA participe aux conseils des Thembus, la tribu africaine dont il fait partie.

Son prénom « Nelson » ne sonne nullement africain. Il lui a été donné dès son entrée dans une école méthodiste. Son enseignant n'aime pas son nom de clan, « Madiba », et lui donne un nom anglophone en référence à l’amiral « Nelson ». Ses proches continuent cependant de l'appeler « Madiba ». Cette anecdote futile mais qui a son importance est passée sous silence dans le film.

La première fois que l'on voit Nelson MANDELA dans le film est lorsqu'il se trouve dans son cabinet d'avocat à Johannesburg. Cela paraît tout à fait normal pour la plupart des gens qui savent qu’il est avocat. Pourtant, il n'est pas dit qu’il a ouvert le premier cabinet d'avocat noir de Johannesburg et qu'il le tient avec Oliver TAMBO.

Il n'est également pas mentionné la difficulté qu'a éprouvée Madiba pour arriver à pratiquer son métier. Ses études sont d'une grande difficulté. Pendant que certains marchent tranquillement vers le chemin de la réussite, celui de Nelson est sinueux et remplit d'obstacles en raison de sa couleur de peau. Le fait qu’il continue ses études lors de son passage à la prison de Robben Island est également non mentionné. De plus, son autobiographie Un long chemin vers la liberté a été rédigé, du moins le début, à Robben Island. Ce point important, vu que le titre du livre est également celui du film n’apparaît pas.

Avant le procès de Rivonia et son emprisonnement en 1964, Nelson MANDELA, et plusieurs membres de l'ANC parcourent l'Afrique entière à la recherche de fonds pour financer la branche armée de leur parti politique, l'Umkhonto we Sizwe («fer de lance de la nation»). Afin d'être crédible dans le fait d'organiser cette lutte armée, les hauts dirigeants du MK (abréviation de Umkhonto we Sizwe) profitent de ce périple africain pour suivre une formation militaire, notamment en Algérie durant la guerre de décolonisation. Dans le film, en partie documentaire, il est seulement montré l'entraînement au tir dans une salle au Maroc alors que les exercices se déroulent en réalité en extérieur, avec des tirs sur des boites de conserves.

L'étude des techniques de combat n'est pas présentée dans le film. Mandela a lu par exemple L'art de la guerre du général chinois SUN TZU (VIème s. avant J.-C.), afin de mieux savoir se battre si jamais il en est nécessaire. Il a également étudié les modes de guérillas pratiquées par l’ALN en Algérie.

L'une des règles d'or de Robben Island repose sur le fait que la communication entre prisonniers, entre prisonniers et gardiens et entre blocs de prisonniers est strictement interdite. Pourtant, les membres de l'ANC emprisonnés (Nelson MANDELA, Walter SISULU et Ahmed KATHRADA principalement) trouvent un moyen de communication, dans le silence absolu. Ils écrivent avec du lait sur du papier, glissent ensuite le message dans le double fond d'une boîte d'allumettes et la laissent tomber par terre. Un prisonnier la récupère, lit le message en faisant chauffer le morceau de papier afin d’y faire apparaître les lettres de lait. Une fois le message reçu, le lecteur doit le détruire dans l'eau et faire circuler son contenu à l'oral.

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