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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Brésil : des villes à l'avenir sportif

Publié par Les Cris, la suite sur 12 Juin 2014, 17:27pm

Catégories : #Le monde d'aujourd'hui

A quelques heures de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde de football, Les Cris mettent en ligne un article publié dans le n°5 qui rappellent l'importance des aménagements réalisés pour cet évènement mais aussi les dépenses engagées ainsi que les tensions sociales qui secouent le Brésil depuis plus d'un an.

Le Brésil accueillera la coupe du monde de football 2014, les championnats du monde de judo 2015 et les Jeux Olympiques d'été en 2016. Pour un pays tel que le Brésil, faisant partie des pays émergents à développement rapide, comment fait-il pour accueillir tous ces événements sportifs ?

Les grands travaux

Le Brésil compte plus de 200 millions d'habitants et est le cinquième pays le plus vaste du monde avec une superficie de 8 514 876 km². Le Brésil abrite plusieurs grandes villes (Belo Horizonte, Belém, Vitoria, Brasilia, Porto Alegre) et des mégapoles (Sao Paulo) dont celle de Rio de Janeiro qui accueille les championnats du monde de judo 2015 et les Jeux Olympiques 2016.

La ville de plus de 13 millions d'habitants doit être prête pour ces événements. Pour cela, elle construit d'énormes équipements sportifs sur le littoral et au centre-ville qui sont indispensables au bon déroulement des épreuves sportives. Mais, ces équipements comme les stades et les annexes ont besoin d'énormément d'eau pour l’arrosage et d'énergie pour l’entretien et l’éclairage. Le Brésil a certes de grandes réserves d'eau mais produit assez peu d'énergie, ce qui explique les nombreuses pannes d'électricité qui touchent les favelas notamment. Plus de 1000 quartiers de ce type existent à Rio et rassemblent quelque 20% de la population carioca. Selon la Coordination des Comités populaires de la Coupe (ANCOP), une association brésilienne hostile au Mondial 2014, 250 000 habitants des favelas proches des infrastructures sportives ont été expulsés ou sont menacés de l’être.

Par ailleurs, l'objectif pour Rio de Janeiro est de parvenir à l'autosuffisance énergétique. Des aménagements colossaux sont alors nécessaires. Les plus grands architectes vont pomper de l'eau à 175 km de Rio dans un fleuve du Brésil. Les aménageurs ont réalisé la construction de plusieurs barrages hydroélectriques pour produire beaucoup d’électricité mais il leur faut amener l'eau du fleuve. Vu son éloignement et les divers reliefs à traverser, ils doivent réaliser un aménagement extraordinaire : faire passer l'eau dans 7 tunnels de 25 kilomètres de long pour permettre de faire tourner les immenses turbines du barrage.

Les ouvriers qui réalisent les ouvrages travaillent dans des conditions très difficiles, n'ont pas d'horaires de travail définies et travaillent tous les jours sauf le dimanche, doivent dynamiter par exemple des milliers de blocs de pierres. Ils prennent énormément de risques. Leur travail est d'une extrême minutie et tout se joue au centimètre près parfois.

« Brésil réveille-toi, un professeur vaut plus que Neymar ! »

Les Brésiliens manifestent régulièrement depuis le mois de mars 2013 contre la corruption, l’insuffisance des services publics et les dépenses colossales liées à l’organisation de la Coupe du monde de football 2014. Le mouvement de protestation a débuté suite à l’annonce de l’augmentation du prix des transports en autobus de 20 centimes de real (l’équivalent à 12 centimes d’euro) et a gagné toutes les grandes villes brésilienne au cours du mois de juin 2013 avec plus d’un million de manifestants.

Le mouvement de protestation initié par le Movimento Passe Livre (mouvement pour la gratuité des transports) reproche à l’Etat de privilégier essentiellement le sport. Des crédits de plusieurs millions d’euros ont été attribués aux travaux de construction ou de réaménagement des stades que les manifestants jugent inutiles, en témoigne le slogan « Brésil réveille-toi, un professeur vaut plus que Neymar ! ». Au total, 11 milliards d’euros sont dépensés au détriment de l’éducation, de la santé et de la sécurité des Brésiliens. Des leaders de ce mouvement social affirment de plus que la présidente Dilma Roussef semble peu au fait des problèmes concrets sur lesquels ils veulent attirer son attention.

Dilma Rousseff, face à la pression de la rue, est contrainte de promettre une réforme politique « recouvrant tous les toilettages constitutionnels et législatifs susceptibles d’endiguer et de réprimer davantage la corruption, d’assainir le financement des campagnes électorales, d’accroitre la légitimité des élus, de rendre les partis plus consistants et le régime plus démocratique. » Ces propos ont pu rassurer une partie de la population. Aujourd’hui, il semble qu’il y ait moins de manifestations mais la situation reste toutefois tendue.

Le Brésil doit pouvoir, à terme (peut-être), tirer profit des investissements considérables réalisés pour ces événements. Ils permettront de conforter le fort développement de ce pays constaté depuis une dizaine d’années mais pour le moment les Brésiliens ne voient qu’un revers de la médaille.

Baptiste L. (Article publié dans Les Cris n°5)

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