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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


L’Internet des Objets, l’avenir connecté

Publié par Les Cris, la suite sur 21 Août 2015, 11:08am

Catégories : #Le monde de demain

Quel est le point commun entre un frigo, vos cahiers et votre chargeur de piles ? Dans le futur, ils seront tous connectés par l’internet des objets.

Ce « nouvel Internet » existe depuis 1999 et se définit non pas comme une technologie à part entière mais un ensemble de moyens permettant de collecter, transmettre et recevoir des données de différents objets qui nous entoure. L’idée en elle-même est cependant plus ancienne. On retrouve des exemples de grille-pain connecté dès 1990. Puis, cette technologie a fait son chemin pour se retrouver aujourd’hui dans quasiment tous les domaines. Ces dernières années, l’IdO (Internet des Objets)s’est surtout développé dans les secteurs de la domotique et de la santé mais d’autres industries commencent à l’utiliser. Par exemple, un pèse-personne connecté permet de récupérer le poids d'un individu et le transmettre à un smartphone. Ce dernier stocke alors les données ainsi que d’autres provenant du thermomètre connecté, du podomètre connecté et même brosse à dents… pour créer toute une fiche personnelle de santé. L’idée est que tous les objets pourront être connectés à Internet, à court ou à long terme, afin de transmettre des informations et quelquefois recevoir des commandes.

Mais, un grand nombre d’objets connectés implique de nombreuses données circulant à travers le réseau. En 2012, plus de 8,7 milliards d’objets connectés existaient à travers le monde, et certains misent sur plusieurs dizaines de milliards d’objets connectés d’ici 2020 ! Pour gérer ces objets, de nouveaux protocoles pour accéder à Internet sont lancés comme l’IPv6 qui remplace l’IPv4 depuis 2011. Ce dernier ne pouvait stocker qu’un peu plus de 4 milliard d’adresses… tandis que l’IPv6 en utilise 3,4*1038 soit plus que le nombre d’atomes à la surface de la Terre. En parallèle, la technologie du Big Data repose sur la façon de traiter ces informations de plus en plus nombreuses et conséquentes. Pour information, Facebook génère plus de 7 téraoctets par jour ! Pour gérer toutes ces données, il a fallu inventer de nouvelles solutions pour stocker, trier et analyser. Des acteurs majeurs de l’informatique s’y intéressent comme Microsoft, Google ou IBM.

Tous ces objets devront utiliser un système d’exploitation sécurisé et adapté à leur fonctionnement. Ici aussi, la concurrence est rude : Microsoft a récemment annoncé Windows 10, un système pouvant tourner « sur tous les supports » dont ceux destinés à l’internet des objets. Mais Google est aussi dans la course avec Android Wear destiné aux objets connectés, principalement des montres (GalaxyGear, Moto 360…). Enfin, Apple, ou encore Linux sont en lice. Ce dernier possède un avantage car il est gratuit et très facile à modifier, ce qui fait qu’il est aujourd’hui le plus important des systèmes mobiles, équipant les GPS, certaines voitures…

Mais l’Internet des Objets pose de nombreuses questions, en particulier éthiques et technologiques.

En effet, jusqu’où peut-on collecter des données et comment définir des limites ? Comment faire pour que l’utilisateur reste maitre de ses données et peut-on faire de la publicité jusque dans le frigo ? En somme, est-il moralement acceptable de revendre les données personnelles des utilisateurs ? La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a lancé une étude sur ces dérives et essaye de trouver un moyen pour réguler ces données intimes qui sont souvent utilisées pour des publicités ciblées. Elle cherche un « moyen d’accompagner l’innovation sans porter atteinte à la vie privée ». Par exemple, les données de santé relèvent du secret médical, elles ne doivent en aucun cas être utilisées ou vues.

De même, l’augmentation des objets connectés permet de nous suivre à la trace, à longueur de journée. L’iPhone contient un fichier GPS dans lequel sont référencés tous nos trajets sur plusieurs mois voire plusieurs années. Cela porte aussi atteinte à notre vie privée en tant que consommateur. En effet, notre vie serait stockée sur des serveurs et pourraient servir à nous assommer encore plus de publicités…

Enfin, il faut prendre en compte les risques de piratage. Le système de paiement mobile par cartes bleues NFC est certes une bonne idée pour remplacer le porte-monnaie et la carte bancaire mais il existe des failles dans la sécurité permettant de lire à distance le numéro de la carte ainsi que sa date d'expiration…

L’Internet des Objets est donc une grande invention, pleine de promesses mais elle doit surmonter plusieurs problèmes comme le manque de puissance des technologies existantes. Il est également nécessaire de faire attention aux éventuels risques de sécurité et d’utilisation des données. Mais si on arrive à un équilibre, alors cette technologie est promise à un grand avenir.

Yvan S.

(Article paru dans Les Cris, n°9, novembre-décembre 2014)

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