Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les Cris, la suite

Les Cris, la suite

Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


La face cachée de Disney

Publié par Les Cris, la suite sur 30 Novembre 2015, 13:27pm

Catégories : #Le monde d'aujourd'hui

Le « soft power » est « la capacité qu’a une puissance d’influencer les autres Etats ou acteurs internationaux, par l’utilisation de sa culture et de ses valeurs ». Ce « soft power » est complémentaire du « hard power » qui repose sur l'utilisation des armes ou la contrainte économique. Ce concept de soft power (ou « puissance douce ») est théorisé par l’universitaire et conseiller politique américain Joseph Nye dès 1990 dans son ouvrage Bound to Lead. L’entreprise d’animation américaine Disney créée en 1923 a fortement contribué à diffuser le soft power américain.

Au service d'une idéologie durant la guerre froide

En effet, « The American Way of life » s'exporte durant la période des Trente Glorieuses (1945-1975) avec en toile de fond le conflit de la Guerre Froide (1947-1991). Walt Disney (1901-1966) a créé de nombreux « méchants », qui représentaient par métaphore le communisme. C'est ainsi que l'on peut noter que dans nombre des classiques Disney, le rouge est la couleur du méchant, Cruella dans les 101 dalmatiens (1961) avec son rouge à lèvre et son vernis, la Reine de Cœur dans Alice au Pays des Merveilles (1951).

On peut aussi remarquer qu'il y a toujours un combat entre le « Bien » et le « Mal » et bien évidemment le Bien gagne toujours à la fin. Le personnage le plus emblématique de cette guerre idéologique, est le Capitaine Crochet dans Peter Pan (1953). Il a une cape rouge et par métonymie, son crochet représente la faucille sur le drapeau de l'URSS. En effet, ce personnage doit son existence au fait que Walt Disney, proche du "Maccarthysme" qui déclenche une vraie « chasse aux sorcières » aux Etats-Unis contre d’éventuels agents, militants ou sympathisants communistes au début des années 1950, fait en sorte de représenter en ce personnage toutes ses convictions.

On relève aussi des références à la morale religieuse. Ainsi c'est toujours la femme qui doit être sauvée/réveillée/mariée au prince charmant et c'est donc l'homme qui est le héros. Les histoires se terminent par « et ils vécurent heureux pour toujours et eurent beaucoup d'enfants ». En somme l'idée est claire : la femme doit rester au foyer pour élever de nombreux enfants pendant que le père travaille.

Il y a aussi le fait que les États-Unis se veulent être un modèle économique capitaliste. Ainsi, on peut voir que dans plusieurs Disneys, des valeurs de travail sont implantées. Dans Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), les nains travaillent à la chaîne (OST), méthode de travail mise en place quelques années auparavant dans l’industrie automobile.

Mais le problème persistant est que les dessins animés Disney est présent dans la mémoire des enfants. Ainsi presque tous les classiques sont recouverts par une fausse couverture, celle de Disney. Notre-Dame de Paris de Victor Hugo est connu chez les enfants par la version Le Bossu de Notre-Dame qu’en a produite Disney. Disney a même essayé de changer l'histoire. Dans Pocahontas, les Indiens gagnent la bataille contre les hommes, leur offrent de la nourriture avant que les navires ne partent alors que tout le monde sait que les Indiens ont été massacrés et qu'aujourd'hui, nombre d’Amérindiens vivent dans des réserves.

Une puissante FTN du divertissement et de l'audiovisuel

Par ailleurs, Disney est une firme transnationale puissante. Elle emploie de manière permanente plus de 140 000 salariés et réalise un chiffre d'affaires de 48 milliards de dollars en 2014. Elle s’est diversifiée de manière spectaculaire. Les quatre principaux pôles de l’entreprise sont The Walt Disney Studio (17 % du chiffre d’affaires) qui regroupe toutes les filiales directement liées au cinéma, Disney Media Networks (45 %) devenu une composante centrale rassemblant les instruments de diffusion audiovisuelle, Walt Disney Parks and Resorts (29 %) responsable du développement des parcs et des bases hôtelières et Disney Consumer Products (7 %) en charge des produits dérivés et des licences vendues dans le monde.

Si l’on ouvre les yeux pour contempler tout ce qui dépend de la firme Disney, on se rend compte que son influence est grande. Disney contrôle également plusieurs importantes entreprises de production comme Pixar, Touchstone Pictures, Hollywood Pictures, etc. Elle a aussi la main sur un des plus grands réseaux de distribution international (Walt Disney Studios). Dans le domaine des médias, le groupe comprend l’un des trois networks américains, ABC, qui compte un riche bouquet de chaînes (ABC Daytime, ABC News, ABC Sports et ABC Kids). Par ailleurs, de nombreux programmes (ESPN, Disney Channel, ABC Family, Toon Disney et SOAPnet) sont diffusés à l’international par l’intermédiaire du câble et depuis peu Disney a racheté les droits d'auteur de Star Wars pour en faire une suite.

Enfin, les 11 parcs et resorts ont reçu en 2009 pas moins de 119 millions de visiteurs dans le monde entier. Disney a ainsi réussi à se faire une place particulière au sein du monde touristique, visuel, musical…… Par exemple, quand des touristes viennent visiter Paris, la ville la plus visitée du monde, ils viennent en admirer les principaux monuments mais aussi se rendent souvent à Disney Land Paris, le site touristique le plus visité en France avec plus de 14 millions de visiteurs en 2014. Le parc se localise en banlieue et est accessible en transports en commun rapides. Les parcs Disney s'implantent dans différentes métropoles du monde (Paris, Tokyo) et bientôt ce sera au tour de Shanghai, où un nouveau parc d'attractions Disney est en construction.

Disney cherche à acquérir le plus grands nombre d'entreprises pour maximiser son chiffre d'affaires mais aussi pour asseoir son influence dans le monde entier. De plus, Disney est aussi un des plus importants pilier du soft power américain massivement diffusé dans ses films d'animation et ses produits dérivés.

Juliette B. (article paru dans Les Cris n°11, mars-avril 2015)

La face cachée de Disney

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents