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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Andy Warhol et sa fabrique à Superstars

Publié par Les Cris, la suite sur 17 Décembre 2015, 19:38pm

Catégories : #Le Café des Artistes

Andy Warhol et sa fabrique à Superstars

Andy Warhol est un artiste contemporain américain, un publiciste mondain et excentrique à l’origine d’œuvres d'art mondialement connues telles que les Campbell's Soup Cans, les sérigraphies de Marilyn Monroe et bien d'autres encore… Cette figure centrale du mouvement du Pop Art crée un « atelier d'argent » dans les années 1960 qui a ensuite un réel impact sur le monde artistique : la Silver factory.

La Factory : l'atelier créatif

Warhol, ayant toujours voulu s’éloigner de l’image de l’artiste marginal œuvrant seul, investit, en Janvier 1964 un grand loft de New York sur la 47ème rue. Il le recouvre entièrement de papier et de peinture argentée avec l'aide de Billy Name. Il justifie son choix en avançant que, pour lui, l’argenté est la couleur du futur mais aussi du passé et pourquoi pas du narcissisme. Seule touche de couleur dans la pièce : un canapé rouge rapporté par Billy qui sera le témoin de nombreuses périodes de « descentes » après la consommation de drogues des résidents de l'appartement.

La Factory devient l'atelier artistique de Warhol, son studio d'enregistrement pour ses œuvres cinématographiques mais aussi un lieu de création, de réflexion, de fête, de débauche, d’exposition. Il voit alors naître de l'esprit de quelques avant-gardistes déjantés, la plus grande explosion artistique et culturelle des temps modernes.

Ouverte jusqu'en 1968 (date à partir de laquelle Warhol réduit son accessibilité suite à une agression) à quiconque ose pénétrer dans l'univers warholien, la Factory rassemble une communauté composée d’artistes appelés les « Warhol’s Superstars ». Parmi les habitués, il y a entre autres les cinéastes Paul Morrissey et Barbara Rubin, le groupe de musique dirigé par Warhol The Velvet Underground, la chanteuse protégée de Warhol, Nico, le danseur Gerard Melanga et les photographes Billy Linich et Nat Finckelstein.

La production industrielle d'art

La Factory peut paraître élitiste, elle n'en a pas moins la capacité de se rapprocher de tout le monde. Le concept de son créateur est de s'inscrire dans son époque et non de s'y opposer. De plus, par crainte de se retrouver seul, Andy Warhol recherche la compagnie d'amis, d'inconnus, d'extravagants. Les portes de la Factory sont toujours ouvertes, une foule d'extravertis prend l'habitude d'aller et venir dans ce lieu. C'est ainsi que la drogue fait son apparition au sein de l'atelier, malgré le panneau d'interdiction d'en consommer.

Edie Segwick, riche héritière perdue et illustre inconnue, devient la Superstar emblématique de la Factory et des sixties. Elle est considérée par Warhol, qui l'a découverte, comme son double en femme. Décédée à la suite d’une overdose de barbituriques en 1971, à l'âge de 28 ans, elle est l'exemple de l’œuvre de Warhol sur ces inconnus à la recherche de la célébrité promise.

Warhol a pour intention de produire de l'art à échelle industrielle (d'où le nom « Factory » pour désigner l'immense studio). Il redéfinit l'art en y attachant une nouvelle dimension, une dimension manufacturée. Il noie les individualités de chacun au profit d'un collectivisme artistique, d'une communauté.

La mise en place d'une cadence insoutenable, totalement dévouée à la création artistique conduit certaines de ses « superstars » à se révolter contre l'emprise qu'il peut avoir sur eux. La tentative d’assassinat sur Warhol perpétrée par Valérie Solanas, un ancienne résidente, met presque immédiatement un terme à l'aventure de la Factory en 1968.

Andy Warhol a su transformer son atelier en œuvre à part entière, capable de produire du « mythe », de l'image sociale à la chaîne grâce à une production non-stop. Il transforme ce coin de New York (au 33 Union Square West, NYC) en un lieu des plus intrigants et enviés, un endroit où l’on entre anonyme et d’où l’on sort «Superstar».

Ambre P.-H. (article publié dans Les Cris n°6, février-mars 2014)

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