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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Le Liban à travers le texte

Publié par Les Cris, la suite sur 7 Décembre 2015, 20:39pm

Catégories : #A la découverte de ....

Le Liban à travers le texte

"C'est Beyrouth", cette expression nous renvoie à une image du Liban des années 1980, période pendant laquelle la guerre civile faisait rage et la terreur était le quotidien des Libanais. Or, on se rend compte que cette image est erronée, que Beyrouth et une ville cosmopolite et dynamique.

Le Liban : brève histoire du pays des cèdres

«Lubnan» vient de la racine sémitique Lubnan signifiant «blanc» ou «lait». Cela fait référence au manteau neigeux qui recouvre ses montagnes notamment le Mont Liban en hiver, c'est un paysage d'une grande rareté dans cette région plutôt aride du globe (même si le Liban bénéficie d'une pluviométrie intéressante).

En 1840, le Liban et la Syrie sont occupés par l’Égypte suite à de nombreux conflits dont l'origine remonte au XVIIième siècle. En 1870, une province autonome du Mont-Liban est créée suite à la pression des puissances européennes. Cette province est alors dirigée par un gouverneur chrétien de nationalité ottomane, d'où l'origine de l’influence française au Liban. Le Liban reste sous l'emprise de l'Empire Ottoman, jusqu'en 1918. La proclamation de la création du «Grand Liban » est faite le 1er Septembre 1920 et le Liban devient un «mandat» français.

En 1943, l'indépendance du pays est proclamée et les troupes françaises quittent le pays en 1946. La guerre du Liban éclate en 1975 puis le sud du pays est envahi par Israël en 1978. Cette guerre civile cause de nombreux dégâts et se termine en 1989 par les accords de Taef. Dans les années 1990 et 2000, le Liban se reconstruit économiquement mais cependant éclate un conflit israélo-libanais. Cette guerre élève le coût des destructions à 6 milliards de dollars pour le Liban.

La République du Liban est un État du Proche-Orient (incluant la Syrie, la Jordanie, Israël et la Palestine). Beyrouth en est la capitale. La langue officielle de ce petit Etat (10450km²) est l'arabe, le français ayant perdu de sa superbe, il en reste néanmoins la seconde langue et est parlé dans les milieux les plus aisés (45 % de la population le parle).

Pays multiconfessionnel de 4.5 millions d’habitants, le Liban se signale par la singularité de ses institutions. En effet, le président doit être chrétien maronite, le premier ministre musulman sunnite et le président du parlement musulman chiite. De plus, la moitié des membres du parlement doit être musulmane et l'autre moitié chrétienne.

Amin Maalouf : l’écrivain 100% humain

Amin Maalouf est un écrivain franco-libanais né le 25 février 1949 à Beyrouth. Il est élu à l'Académie française en 2011. Il a vécu une grande partie de son enfance en Égypte avant de retourner au Liban. Lorsque la guerre civile éclate en 1975, il est obligé de fuir le pays et se réfugie en France. Sa femme et ses trois enfants le rejoignent quelques mois plus tard.

Il a écrit de nombreux ouvrages dont «Les identités meurtrières» (1998, Grasset). Ce livre parle de la question des identités et des conflits qu'elle peut engendrer. Que signifie le besoin d'appartenance collective, qu'elle puisse être culturelle, religieuse ou nationale ? Pourquoi ce désir, en soi légitime, conduit-il si souvent à la peur de l'autre et à sa négation ? Nos sociétés sont-elles condamnées à la violence sous prétexte que tous les êtres n'ont pas la même langue, la même foi ou la même couleur de peau ?

Né au confluent de plusieurs traditions, l’auteur du Rocher de Tanios (prix Goncourt en 1993) puise dans son expérience personnelle, aussi bien que dans l'histoire de son pays, de l'actualité ou de la philosophie, pour interroger cette notion cruciale d'identité. Il montre comment, loin d'être donnée une fois pour toute, l'identité est une construction qui peut varier.

Quand on lui demande: «Moitié français, donc, et moitié libanais ? » Il répond : « Pas du tout ! L'identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées. Je n'ai pas plusieurs identités, j'en ai une seule, faite de tout les éléments qui l'ont façonnée, selon un «dosage» particulier qui n'est jamais le même d'une personne à l'autre». Il met en garde contre les illusions, les pièges, les instrumentalisations des identités qui sont faites. Il nous invite à un humanisme ouvert qui refuse à la fois l'uniformisation planétaire et le repli sur la «tribu». C'est alors un sujet très philosophique que cet écrivain traite, il dénonce cette façade et ce mot que l'on a créé mais qui n'a en réalité, aucune légitimité.

Pour l’anecdote, Amin Maalouf est l'oncle du trompettiste Ibrahim Maalouf. Ce dernier est le seul trompettiste au monde à jouer de la musique arabe sur un instrument modifié par son père dans les années 1960 : la trompette à quatre pistons qui permet de retranscrire le quart de ton inconnue dans la «musique occidentale». Ces albums sont vendus dans le monde entier. Son style musical tourne autour du jazz, jazz-rock fusion et musique classique. Il a reçu un titre de jeune artiste œuvrant pour le dialogue interculturel entre le monde arabe et occidental décerné par la directrice générale de l'UNESCO.

Luna P., Désirée M., Gwendal M. (article paru dans Les Cris n°13, septembre-octobre 2015)

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