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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


La Jamaïque, l'île révoltée

Publié par Les Cris, la suite sur 13 Janvier 2016, 21:27pm

Catégories : #Le monde d'aujourd'hui

La Jamaïque, l'île révoltée

La Jamaïque, cette petite île se situant dans la mer des Caraïbes, se trouve appartenir à l'archipel des Antilles. L'amiral Penn et le général Venables s'emparent de celle-ci pour le compte de l'Angleterre en 1655. Elle a malheureusement été une plaque tournante de la traite des noirs jusqu'à l'abolition de l'esclavage au Royaume-Uni en 1833, précédée de nombreuses révoltes d'esclaves. Le 6 août 1962 la Jamaïque devient un pays indépendant malgré l'influence de la couronne d'Angleterre et est aujourd'hui une République démocratique. Sa capitale Kingston, se localise sur la côte Sud-Est. Ses principales villes dont Montego se trouvent sur le littoral.

Une île marquée par la pauvreté

La Jamaïque est perçue comme une île paradisiaque. Le soleil, les plages interminables de sable blanc et ses paysages à couper le souffle attirent beaucoup de touristes, qui pour certains viennent même s'y marier. Son économie est essentiellement basée sur le tourisme et l'exploitation de ses ressources naturelles.

Malgré tout, cela reste une île pauvre avec un taux de chômage très élevé et l'essentiel de ses habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté. Très critiquée en matière de Droits de l'Homme, elle offre un accès restreint à l'éducation pour les jeunes issus de quartiers pauvres. La violence envers les enfants est justement très importante, les abus sexuels sont quotidiens, sur cette petite île et le Sida fait rage. La criminalité, perpétrée par de nombreux gangs, est très présente ; la capitale compte plus de 1600 meurtres par an. Et sur l'île, un nombre important de réseaux de trafiquants de drogue sont actifs.

« Ma vie, c’est les autres »

Les artistes originaires de Jamaïque se sentent concernés par tous ces problèmes que rencontre leur pays, mais aussi par ceux du monde. De ce fait nombre d'entre eux sont engagés. Le plus connu est bien évidemment Bob Marley ou Robert Nesta Marley de son vrai nom (1945-1981). Engagé, rebelle, anti conformiste, il se sentait concerné par la politique et se préoccupait des autres : «Ma vie, c'est les autres» avait-il l'habitude de dire. Il est aujourd'hui la première personne à qui l'on pense quand on parle de la Jamaïque et est considéré comme un de ses symboles.

Mais «Bob» n'est pas le seul Jamaïcain pour qui l'art, et la musique en particulier, était et est un moyen de faire passer des messages plus ou moins revendicatifs, dont le but est principalement de faire évoluer les choses.

Una Maud Victoria Marson (1905-1965), éditrice, productrice et auteure, a vécu les deux guerres mondiales. Elle était une artiste féministe donc forcément engagée qui se préoccupait de la situation des femmes, sûrement plus des autres que d'elle même comme la plupart de ces artistes. Elle a écrit de nombreux poèmes et scénarios pour la BBC notamment et est connue pour son engagement sur les questions sociales et la condition féminine.

"Get up, Stand up, Stand up for your rights"

Aujourd'hui encore, on ressent l'engagement politique et social des œuvres de nombreux artistes Jamaïcains. « Judgement Day », une des chansons de Raging Fyah, un groupe de Reggae Jamaïcain, dit : «Ne restez pas assis à critiquer, allez-y (levez-vous) et aidez-vous». Ce message de solidarité incite à réagir et à agir. Certains diront réagir à quoi ? La réponse la plus juste serait de dire «à tout», si les gens ne voient pas les problèmes autour d'eux c'est qu'ils ne veulent pas les voir. Le but de ces artistes est justement de dénoncer certaines choses, certains aspects de la société afin que nous, le public, nous soyons interpellés, nous nous sentons concernés et nous nous unissons parce qu'après tout, nous ne sommes tous que des Hommes.

Quand on parle de la Jamaïque aujourd'hui, on pense généralement (surtout les jeunes) au Reggae. Ce style musical, né à la fin des années 1960- début des années 1970, est un mélange entre le ska et le rock steady qui a trouvé ses racines dans la musique noire américaine et qui s'est aussi inspiré des musiques traditionnelles du continent africain. Même si l'esclavage avait été aboli à cette époque, la population noire des Antilles, encore touchée par le racisme, dévalorisée, était à la recherche de ses racines et de son identité.

« Le rastafari, c’est une réalité »

C'est donc durant cette période de doute, de questionnement et de rébellion des consciences que le Reggae est né et, comme le dit un proverbe jamaïcain : «Les mots doivent mourir et l'homme vivre», Il va rapidement se tourner vers le Rastafarisme, un mouvement religieux identitaire de l'époque. D’ailleurs, pour Bob Marley «Le Rastafari ce n'est pas une culture, c'est une réalité

Dérivée du christianisme, cette religion a pour particularité d'avoir comme Dieu un homme noir et vivant : Hailé Sélassié (1892-1975), l'ancien empereur ou Négus d'Ethiopie. Considéré par les Rastas comme le « Seigneur des seigneurs », est aussi appelé «Jah». Le terme revient dans de nombreuses chansons. Cet homme a prononcé des mots emprunts d'une grande sagesse : «Nous devons regarder en nous-mêmes, jusque dans les profondeurs de nos âmes. Nous devons devenir ce que nous n'avons jamais été, ce à quoi notre éducation, notre expérience et notre environnement nous a très mal préparé. Nous devons être plus grands que ce que nous avons été : plus courageux, à l'esprit plus large, au point de vue plus ouvert. Nous devons devenir les membres d'une nouvelle race, dépasser nos préjugés insignifiants et nous soumettre à la fidélité ultime que nous devons non pas aux nations, mais à nos semblables les hommes au sein de la communauté humaine.»

Pour en revenir à la musique, l'esprit contestataire du Reggae s'est aujourd'hui malheureusement un peu perdu et on associe rapidement cette musique à la consommation de cannabis et à la fête. Malgré tout les vrais Rastamen conservent leur philosophie, leur esprit critique et leur générosité.

Zoé T., Emilie L. (article publié dans Les Cris n°13, octobre-novembre 2015)

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