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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Frontière américano-mexicaine : quand drogue et violence s’en mêlent

Publié par Les Cris, la suite sur 5 Février 2016, 13:57pm

Catégories : #Le monde d'aujourd'hui

La barrière de Nogales.
La barrière de Nogales.

C'est un immense mur de grillage et de barbelés qui s'étend sur 3 141 km entre le Mexique, pays en développement ou le deal de drogue et les disparitions sont fréquentes, et les États-Unis pays développé, qui fait rêver de nombreux Mexicains. Ainsi chaque année des millions d'immigrants de toute l’Amérique du Sud tentent d'accéder clandestinement aux États-Unis, mais pour cela il faut traverser la frontière surveillée par plus de 18 000 policiers étasuniens. En 20 ans, plus de 10 000 immigrants y ont laissé leurs vies et nombreux se font tuer en escaladant les grillages. Cette frontière provoque un solide (et sordide) business pour des passeurs peu scrupuleux.

La guerre contre la drogue au Mexique

Une guerre contre les narcotrafiquants (les « narcos ») débute au Mexique en 2006. Plus de 36 000 militaires et policiers mexicains, dont 8 500 uniquement dans la ville de Juarez, sillonnent le pays à la recherche des 100 000 membres des cartels de la drogue. Cette lutte interminable est la cause d'environs 50 000 morts au Mexique entre 2006 et 2012. On compte également 27 000 disparus. Un bilan très lourd qui ne cesse d'inquiéter l'Etat mexicain mais également les Etats-Unis qui sont la première cible du trafic de drogue car c'est le premier pays consommateur de cocaïne au monde.

Les disparues de Juarez

Près de la frontière entre le Mexique et les États-Unis, à Ciudad Juarez, ville entourée de désert et de pauvreté, les narcotrafiquants se sont installés. La violence est partout et l'on peut voir des croix roses à chaque coin de rue, en mémoire des femmes disparues mystérieusement. En effet depuis bientôt trente ans plus de 2000 femmes ont disparu et 1653 cadavres ont été retrouvés entre 1993 et 2009. Bien sûr ces chiffres sont sûrement évalués à la baisse par les autorités qui font le strict minimum pour rechercher les coupables. Ces femmes sont la plupart du temps torturées, violées et tuées. Les familles des victimes ont parfois mêmes reçu des menaces et injures, ainsi que les journalistes qui enquêtent sur ces crimes.

Une justicière dans la ville Ciudad Juárez

Dans la ville qui traîne une bien triste réputation, une jeune femme surnommé «Diana la Cazadora» («Diane la chasseresse») a récemment décidé de venger les femmes maltraitées de Ciudad Juarez. « Diana la Cazadora » est tout d'abord le nom d'une statue construite en 1997, située au plein cœur de Madero au Mexique. Notre héroïne s'est très fortement inspirée de cette femme de la mythologie grecque, représentée comme une femme forte et rebelle, avec un arc comme attribut. Elle a donc tué deux hommes accusés de viol et de torture, d'une balle dans tête alors qu'ils étaient dans un bus en 2013. Mais la justicière ne s'est pas arrêtée là. Sur les réseaux sociaux, elle a également appelé au soutien du pays et des personnes affectées par le sort de ces femmes.

Dans un message publié par la meurtrière présumée, on peut lire les mots suivants : « Les femmes sont victimes chaque nuit de violences sexuelles de la part de ces chauffeurs, personne ne nous défend, et il y aura d’autres victimes. Vous pensez, parce que nous sommes des femmes, que nous sommes fragiles, mais moi je suis un instrument de vengeance. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ce qui nous remplit de rage, mes camarades et moi avons souffert en silence, nous avons été victimes de violence sexuelle de la part de chauffeurs chargés des liaisons nocturnes pour les maquilas [manufactures]».

Savages d’Oliver Stone

Plusieurs écrivains et réalisateurs écrivent des œuvres cinématographiques ou littéraires sur la situation préoccupante du nord du Mexique. Des cartels de la drogue à la situation des femmes, les informations circulent et choquent les spectateurs. Le réalisateur américain Oliver Stone fait partie des ces artistes et nous offre un film policier sur le sujet. Savages, sortie en 2012, regroupe des stars du cinéma comme Blake Lively, Taylors Kitsch, John Travolta, Salma Hayek, Trevor Donovan et Benicio Del Toro.

L'histoire débute à Laguna Beach en Californie ou la belle « O » (pour Ophélia) mène une vie idéale de riche californienne avec ses deux amants, Ben botaniste bohème et Chon ancien combattant. Ce sont deux escrocs qui cultivent et vendent un cannabis hautement apprécié des consommateurs. Leur réussite les entraîne dans un conflit avec le cartel de Bara, le plus grand cartel mexicain qui kidnappe leur petite amie commune. Prêts à tout pour la récupérer, ils n'imaginent pas la force de leurs ennemis.

Down by the river

Charles Bowden est un journaliste, décrit comme «l'un des talents les plus authentiques de la littérature américaine contemporaine» par The New York Times. Il a réussi à se démarquer grâce à plusieurs enquêtes risquées pour lesquelles il a pu approcher la violence, les cartels de la drogue, les meurtres dans la zone frontalière mexicano-américaine. Ces enquêtes l'ont beaucoup touché car il habitait dans l'Etat de l'Arizona, un Etat frontalier du Mexique. Il a aussi assisté à la construction du mur de plus de 3000 km qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Il a ainsi crié sa colère dans plusieurs ouvrage dont Down By the River : Drugs, Money, Murder and Family, Juárez : The Laboratory of Our Future ou Blood Orchid, murder city.

Down By the river est une fiction où l'on retrouve le personnage de Bruno qui a été tué de manière suspecte. Dans l’histoire inspirée de faits réels, on découvre un autre monde à travers une tragédie familiale qui se déroule entre le Mexique et les États Unis sur fond de trafic de drogue et de pauvreté. A ce jour cet ouvrage de Charles Bowden n'est toujours pas traduit en français. On peut aussi noter que Charles Bowden est mort dans son appartement dans des conditions suspectes. Peut-être en disait-il trop ?

Camille S., Romane B. (article publié dans Les Cris, n°13, septembre-octobre 2016)

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