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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Persépolis, une oeuvre engagée et la projection d’une critique violente

Publié par Les Cris, la suite sur 15 Février 2016, 18:19pm

Catégories : #Le Café des Artistes

Persépolis, une oeuvre engagée et la projection d’une critique violente

Persépolis est un film d'animation français tiré de la bande dessinée de Mariane Satrapi sorti en 2007 et réalisé par l'auteure de la BD et Vincent Paronnaud. Il nous plonge au cœur de Téhéran, capitale de l'Iran, en pleine révolution. Marjane huit ans, suit avec exaltation les événements qui vont provoquer la chute du régime du Shah (le roi d'Iran) en 1979.

La critique de Clémentine F. et Sandrine F. :

Nous sommes totalement fan de ce film. C’est une œuvre profonde et sincère sur les sentiments d’une petite fille dont la vie a radicalement changé et pas forcément de manière agréable.

La première chose qui nous a faites tomber sous le charme est l’utilisation intelligente du passage du dessin coloré au dessin en noir et blanc pour symboliser les souvenirs de la protagoniste. Dans la scène d’introduction, lorsque Marjane arrive à l’aéroport, qu’elle s’assoit sur un banc, et qu’elle se met à songer à ses souvenirs, Marjane enfant apparaît en noir et blanc. Un gros plan est fait sur la petite fille, enchaîné d’un fondu en noir puis nous rentrons à ce moment là dans les souvenirs du personnage principal. Peu de temps après le début du film, une autre scène nous a particulièrement plus. La scène durant laquelle le père de Marjane lui raconte l’histoire de l’Iran. Les dirigeants sont représentés comme des pantins, ce qui leur donne un aspect totalement ridicule aux yeux de la petite fille.

Plus le film avance, plus un attachement se forge pour les différents personnages. L’attachement que l’on ressent pour Marjane prend une place si importante que lors de la scène où elle se retrouve au bord de la mort à Vienne, nous ne pouvons nous empêcher de ressentir une tristesse profonde. Lors de ce passage, Marjane quitte sa famille et son pays pour un meilleur avenir dans un pays en Europe. Or, les choses ne se passent pas comme prévues et elle se retrouve à la rue. Marjane s’assoit sur un banc, mais elle est si épuisée qu’elle s’écroule sur le sol, cela a été enchaîné par un fondu au noir qui symbolise la déchéance de la vie du personnage.

Malgré la profondeur et la perfection de la réalisation de l’œuvre, certains points nous ont plus ou moins gênés (même si le ressenti général n’en ai absolument pas affecté) comme l’humour parfois très cru qui est là comme touche de légèreté, mais qui nous fait un peu sortir du film.

Cette œuvre est une critique violente du régime politique en Iran. La satire faite contre cet État est tellement forte que le film a été interdit de projection en Iran, cela prouve la pression que peut provoquer un simple film d’animation.

La critique de Calissa Z. et Chloé S. :

Nous avons apprécié ce film car il comporte un certain aspect historique puisqu'il nous conte l'enfance de l'auteur qui a réellement vécu durant la révolution iranienne. Persépolis mêle le rire aux larmes mais ne dénature en rien les ravages de la dictature islamiste dans les années 1980 et nous apporte des connaissances non négligeables. Un passage nous a particulièrement marqué : Marjane , jeune adolescente déambule dans sa ville avec un blouson orné d'insignes de ses groupes de musiques préférés et subit des remontrances de la part de deux « gardiennes de la révolution » qui lui reprochent sa conduite contraire à ce qu'impose le régime politique et qu'elles jugent indécente. Cette séquence est extrêmement représentative des répressions que subissent les populations.

Nous avons également affectionné Persépolis car il comporte certes une dimension historique mais il reste accessible aux plus jeunes. Il traite d'un thème grave mais le discours reste pourtant habile, vivant, avec une pointe d'humour, mais sans jamais être désarmant. Ce n'est pas qu'un film d'animation qui ne fait que retranscrire le passé de l'auteur, c'est une véritable leçon de vie. La protagoniste étant jeune, le public adolescent trouve la possibilité de s'identifier à elle et de compatir avec les obstacles qu'elle rencontre.

Nous avons, par exemple, ressenti de la peine et de la compassion lors de son exil en Autriche : n'étant plus en sécurité chez elle, elle se retrouve expédiée par ses parents dans un pays inconnu, en proie à la solitude qui entraîne une déchéance de son quotidien alors qu'elle n'a que 14 ans. Marjane ne se sent pas à son aise dans ce pays qui lui est inconnu, elle ne se sent pas à sa place et cherche donc à rentrer en Iran afin de renouer avec ses racines. Malheureusement, une fois rentrée dans la ville qui fût le théâtre de son enfance, elle ne se sent toujours pas chez elle. On réalise au fur et à mesure que cet exil qui devait contribuer à son bonheur et lui être bénéfique l'a en effet beaucoup plus desservie : cela renforce le sentiment de compassion que nous ressentons pour elle.

Sa grand-mère, personnage central du film qui joue un rôle de sage et de guide pour sa petite fille, la conseille de manière réfléchie ce qui ne fait qu’accroître la leçon de vie que cette œuvre vise à prodiguer. Elle lui dit par exemple : « Écoute ! Je n’aime pas faire la morale, mais je vais te donner un conseil qui te servira à jamais. Dans la vie tu rencontreras beaucoup de cons. S’ils te blessent, dis-toi que c’est la bêtise qui les pousse à te faire du mal. Ça t’évitera de répondre à leur méchanceté. Car il n’y a rien de pire au monde que l’amertume et la vengeance. Reste toujours digne et intègre à toi-même ! » Cette citation n'a pas été choisie au hasard, car elle envoie un message fort : malgré le contexte de guerre qui fait partie intégrante de leur quotidien, la grand-mère ne cherche pas à répandre un message de haine et incite Marjane à demeurer « digne » et « intègre » à elle-même, à ne pas renier ses racines en dépit des difficultés rencontrées. La jeune fille devenue femme tentera de suivre ce conseil et de lui rester fidèle pour le restant de son existence.

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