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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Les drones militaires : une technologie décriée

Publié par Les Cris, la suite sur 16 Mars 2016, 14:17pm

Catégories : #Le monde d'aujourd'hui

Les drones militaires : une technologie décriée

Un drone ou UAV (Unmanned Aerial Vehicle) est un aéronef (avion léger), télé-piloté à distance. Il peut transporter une charge utile (une caméra par exemple) permettant de réaliser des missions diverses et variées. Il est utilisé dans de nombreux secteurs.

Les drones utilisés dans le domaine militaire

Les drones sont principalement utilisés dans le domaine militaire pour de la reconnaissance et de la surveillance sur le terrain (Sperwer ou MQ-8 Fire Scout) mais également pour des missions d’éclairage (la désignation de cibles présumées) ou encore du ravitaillement au sol en zones dangereuses. Les tous premiers drones sont apparus dans les années 1950 mais n'ont pu être utilisés de façon massive que dans les années 1990 pendant de la guerre du Golfe (1991) et celle du Kosovo (1999). Ils sont capables, selon le modèle, de voler plusieurs journées en continue en fonction de leur autonomie respective.

Ces engins présentent de nombreux avantages lors d’opérations militaires. Ils améliorent la sécurité des soldats au sol grâce à l'identification des troupes ennemies en terrain inconnu à l'aide de caméras infrarouges. Ces caméras sont en fait capables de détecter la chaleur émise par les corps chauds et ainsi fournir des images, en passant par un satellite, directement à la station de contrôle qui va les analyser afin d'en informer le quartier général. Ce processus est donc très utilisé dans les zones de conflits. Actuellement, nous pouvons compter de nombreux drones militaires tel que le EADS Harfang (cf photo ci-dessous), principalement utilisé pour l'espionnage en Irak et en Afghanistan, limitant ainsi les pertes humaines qu'il s'agisse de pilotes de l'armée de l'air, de civils ou de soldats de l'armée de terre.

Des drones furtifs

De plus, ces appareils sont également avantageux d'un point de vue économique. En effet, leur coût initial est moindre par rapport aux avions qui nécessitent de gros moyens ne serait-ce que pour l'approvisionnement en kérosène. Ensuite, il existe des drones plus petits qui ont une masse plus faible les rendant plus facilement transportables et maniables.

Enfin, des ingénieurs (notamment de Dassault) ont réussi à mettre en place des drones furtifs, c'est-à-dire indétectables par les radars. Le radar émet des ondes électromagnétiques inévitables pour l'aéronef dans une certaine zone d’émission délimitée. Comme il est impossible de les éviter, ces ingénieurs vont essayer de limiter les échos de l'onde voire de les annuler en agissant sur la forme et l'angle de l'engin pour qu'ils ne soient réfléchis que dans une seule direction, loin de la position fixe du radar. De plus, ces nouveaux aéronefs (le Neuron par exemple), sont capables d’absorber l'onde électromagnétique émise par la radar grâce a leur revêtement spécial. Ainsi, avec un écho-radar très faible et émis dans une seule direction, les drones furtifs vont finir par avoir une signature radar aussi faible qu'un oiseau et donc vont pouvoir passer inaperçu.

Le droit d’éliminer des « cibles » sur une « kill list »

Malheureusement, comme toute innovation technologique, celle-ci aussi possède des inconvénients. En effet, les drones dématérialisent la guerre. Par exemple, les soldats qui lancent un missile au moyen de drones sont très souvent déresponsabilisés. C'est alors qu’apparaissent de nombreux problèmes psychologiques chez ces hommes qui frappent des « cibles » désignées par une « kill list » toute la journée de façon indirecte en restant constamment devant leur écran et en maniant un joystick au lieu d'être sur le terrain ou dans un avion. Il s’agit d’une nouvelle arme de guerre. Les victimes de drones résident notamment au Yémen, en Afghanistan, et au Pakistan (le pays le plus touché, environ 3000 victimes).

Dernièrement, The Intercept, un site d’information américain, a révélé que, pendant une sous-période de 5 mois durant l’opération Haymaker menée dans le nord-est de l’Afghanistan par l’armée américaine entre janvier 2013 et février 2013, 90% des victimes de drones n’étaient pas des personnes visées. Le site d’information qui a mis la main sur des documents classés, montre que l’armée américaine a rangé ces victimes civiles dans la catégorie des « ennemis tués au combat ». « Comment un État peut-il s’arroger le droit de tuer n’importe qui, n’importe où dans le monde ? » s’interroge alors Grégoire Chamayou, chercheur en philosophie au CNRS et auteur de Théorie du Drone (La Fabrique Editions), dans une interview donnée dans Bastamag en octobre 2013.

En définitive, on peut dire que les drones n'ont cessé d'évoluer lors de ces dernières années et, dans un futur proche, il se pourrait qu'ils deviennent acteurs essentiels de notre vie de tous les jours. Ils sont déjà utilisés quotidiennement dans les domaines civils tels que la météorologie ou l’agriculture. Cependant, si aucune limite n'est posée, ces avancées technologiques pourraient changer notre façon de vivre (pour les livraisons de colis notamment) et risquent même de déshumaniser l'Homme.

Célia P.J., Julien M. (article publié dans Les Cris n°14, novembre-décembre 2015)

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