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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Le Mexique, un pays meurtri par..... le soda.

Publié par Les Cris, la suite sur 18 Juin 2016, 09:33am

Catégories : #Le monde d'aujourd'hui

Le Mexique, un pays meurtri par..... le soda.

Qui ne connaît pas Coca-Cola qui inonde la terre de ses publicités pleines de vies qui nous demandent de « choisir le bonheur » ? En effet, avec un chiffre d'affaires annuel de 37 milliards d'euros, la firme transnationale (FTN)vend pour près de 1200 euros de boissons chaque seconde, cela représente la moitié du marché mondial des colas qu’elle se partage avec Pepsi.

« Coca » se classe désormais aussi dans les trois premiers fabricants et vendeurs mondiaux d'eau en bouteille, de jus de fruits, de boissons énergisantes ainsi que de thés et cafés glacés. Selon les chiffres de l’entreprise, chaque seconde il est consommé 18.500 canettes ou bouteilles de Coca-Cola dans le monde. Depuis peu, Coca s'est mis à observer la terre et se place en position de « protecteur » de notre planète. Pourtant, cette firme cause de nombreux dommages au monde, notamment au Mexique.

Beaucoup d’eau de sources pour du Coca et plus beaucoup d’eau pour les paysans

Les Mexicains sont en tête du palmarès concernant la consommation de la boisson Coca-Cola, ils dépassent même les Américains. Presque la moitié (46 %) de tout le Coca-Cola vendu en Amérique latine est consommée au Mexique et sept rafraîchissements bus sur dix sont du Coca-Cola.

Mais Coca Cola utilise trop d'eau, environ 10 000 litres par seconde, dont un peu moins de 40% sont utilisés pour la production des boissons. Les 60 % d’eau restants servent lors du processus de fabrication du soda : pour le rinçage, le chauffage ou la climatisation. Autrement dit, pour fabriquer 1 litre de boisson, l’entreprise utilise en moyenne 2,5 litres d’eau douce.

S'affichant de plus en plus pour la protection de l'environnement, elle se moque pourtant éperdument de l'assèchement des ressources en eau qu'elle cause dans de nombreux pays (dans l’Etat du Kerala en Inde par exemple). Au Mexique, la compagnie a privatisé de nombreuses sources d'eau, laissant les communautés locales sans accès à celles-ci et cela avec le soutien inconditionnel du gouvernement mexicain.

Une firme qui veut du bien à l’environnement ? Vraiment ?

Le problème de la pollution des écosystèmes prend aussi de l'ampleur. Il y a d'abord le problème des déchets plastiques (voir : Un monde de plastique, Les Cris, n°11). Les bouteilles en plastique représentent l´équivalent de 2190 tonnes de déchets plastiques que Coca-Cola ne ramasse ni ne réutilise.

Les bouteilles « PET », chacunes composées de 50 grammes de plastique, ne sont pas biodégradables car elles sont pratiquement indestructibles, surtout lorsqu'elles finissent enfouies dans une décharge. Les déchets industriels sont également rejetés dans les eaux publiques, et tout ceci se fait avec l'accord du gouvernement.

L'autre problème environnemental incontrôlable est celui des « boues toxiques », produites par les usines d´embouteillage. Les boues sont le résultat du processus de préparation des boissons et comportent en général de forts niveaux de déchets industriels toxiques tels que le plomb, le cadmium et le chrome (tous cancérigènes). Cela est permis pour huit concessions attribuées à Coca-Cola et le gouvernement de l’ancien président Vicente Fox avec l´aide de la Banque Mondiale (BM) ont encouragé la privatisation de ressources collectives comme l'eau et la terre.

Cette firme transnationale (FTN) place ses logos bien en vue dans les villages où elle souhaite acquérir l'eau et notamment sur les écoles qu'elle construit et équipe de même qu´elle alloue des bourses aux étudiants pour permettre aux embouteilleurs de mieux s´installer sur des terres riches en réserves d´eau. Coca-Cola est presque partout au Mexique, ses slogans sont même traduits dans des langues locales (en maya par exemple) et la boisson s'est immiscée dans des pratiques rituelles vieilles de plusieurs centaines d'années (chez les Mayas le Coca-cola remplace la boisson fermentée pour éloigner le mal).

D’inquiétants problèmes de santé publique au Mexique : 1/3 de la population est obèse

La conséquence de la consommation en masse du soda est l'obésité croissante des Mexicains : sept Mexicains sur dix sont gros, voire obèses et plus de sept millions et demi de Mexicains souffrent aujourd'hui de diabète, la maladie est devenue la première cause de mortalité du pays. Il est également observé l'explosion des problèmes d'hypertension et de maladies cardio-vasculaires. Le taux d'obésité des Mexicains est même plus fort (32,8%) que celui des Etasuniens (31,8%).

Le 9 août 2013, à Mexico, Maureen Birmingham, représentante de l'Organisation Panaméricaine de la santé (OPS), a lancé un appel à soutenir un projet de loi prévoyant une taxe spéciale sur les boissons sucrées. Le texte s'est heurté à des lobbies qui ont bloqué toute avancée d’une loi sur la prévention sanitaire. L'Etat mexicain a alors signé avec les industriels un accord national pour la santé alimentaire contre les aliments trop gras ou sucrés consommés dans les écoles.

La pauvreté et la malnutrition augmentent au Mexique pourtant car il n'y pas de changement réel qui s’opère. Sans terre à cultiver par manque d'eau, avec des produits alimentaires de plus en plus inaccessibles, une personne peut dépenser alors jusqu’à 17,5% de son salaire minimum journalier en produits Coca-Cola pour tromper la faim compromettant dangereusement sa santé physique. Pas sûr du tout que cette personne « ouvre le bonheur » (« Open happiness ») avec une canette et que Coca-Cola fasse le bonheur du Mexique.

Juliette B. (article publié dans Les Cris, n°15, janvier-février 2016)

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