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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Harry Potter et l'Enfant Maudit : Un ticket vers la Réflexion 9-3/4

Publié par Les Cris, la suite sur 4 Janvier 2017, 12:53pm

Catégories : #Quartier libre

* Avertissement : Possibilité de spoilers à la lecture de cet article !

L'histoire du dernier opus de Harry Potter se passe dix neufs ans plus tard. Harry Potter est employé au Ministère de la Magie et est père d'un enfant (Albus-Severus Potter) qui vit mal la notoriété de son père et qui fait des mauvais choix. Harry doit affronter un problème encore inconnu. Il ne doit pas tuer de mage noir cette fois mais apprendre à devenir père. En effet, comment devenir un bon père si nous n'en avons pas eu nous-même ?

Comme à son habitude J.K.Rowling nous donne un ouvrage plein de philosophie. Dans les sept derniers opus l'auteur nous nourrit de leçons de vie et de références : le directeur de l'école Dumbledore sert de modèle à Harry Potter. Il se place quasiment en figure Socratique. Il lui enseigne le bien, le mal et la complexité de la vie : « Il est nécessaire de comprendre la réalité avant de pouvoir l’accepter et seule l’acceptation de la réalité peut permettre la guérison». La parole de Dumbledore est remplie de sagesse comme celle de Socrate. Les livres de J.K.Rowling sont des romans d'éducation. Ils transmettent des valeurs, ils donnent matière à penser : l'Enfant Maudit n'y fait pas exception.

Dans le 8ème tome, nous constatons que Harry Potter s'inspire des hommes sages qu'il a connu et des enseignements qu'ils lui ont apportés. Sirus Black, Dumbledore, Severus Rogue, sont des figures paternelles pour lui, ils lui ont appris la sagesse, le courage, et l'amour. Toutes ces valeurs, Harry doit maintenant les transmettre à son fils qui refuse l'autorité paternelle car il ne considère pas son père comme un héros.

En effet, son père est devenu un héros mythique. Il est celui qui a survécu, celui qui a sauvé le monde de la magie noire et de l'asservissement. Il est le héros de la Deuxième Guerre des Sorciers. Mais son fils ne le voit pas comme tel. Pour lui, il n'est pas héroïque car son action a causé de nombreux morts. Il pose donc un cas éthique : peut-on laisser mourir des personnes pour une cause juste ? Des sacrifices pour un but légitime sont-ils nécessaires ? Et si notre cause engendre des morts, qui sont les vrais héros ?

Albus Potter refuse la célébrité de son père car pour lui c'est un meurtrier. Il va essayer d'arranger les choses en remontant dans le passé. Effectivement, J.K.Rowling invente un appareil permettant de retourner dans le passé juste cinq minutes, ce qui permet de développer un intrigue passionnante, de faire revenir des personnages morts et de ramener le lecteur dans le monde qu'il connaît : le monde magique à Poudlard dans les années 1990.

Albus remonte le passé pour sauver la vie d'un personnage qui semblait secondaire. Mais chez les sorciers remonter le temps a des conséquences sur le présent. De son action, va se créer un monde alternatif au présent. Il va devoir payer les conséquences de ses actes. Vouloir rétablir ce qui nous semble une injustice peut causer plus de mal que l'injustice elle-même.

J.K.Rowling nous donne donc à penser sur le « conséquentialisme ». D'un point de vue conséquentialiste, une action est bonne quand ses conséquences sont bonnes. Comme à leur habitude, les livres d'Harry Potter posent la question des choix : Qu'est-ce que faire un bon choix ? Les choix sont essentiels dans le monde magique : les personnages fondent leur personnalité, leur « moi » par leur choix et leur action. Dumbledore nous le dit bien dans le premier tome : « Ce ne sont pas nos capacités qui déterminent ce que nous sommes, Harry, ce sont nos choix ! ».

J.K.Rowling donne un coup de poing à la philosophie déterministe (toutes nos actions seraient déterminées et nous suivrons un chemin préalablement tracé) et au destin stoïcien, pour s'inscrire dans une philosophie plus contemporaine : l'existentialisme à la Sartre. C'est-à-dire que nos actions nous définissent, l'homme est un héros en puissance, ses actions diront de lui qui il est. Albus Potter est un héros comme son père, ses actions comptent autant que sa volonté de faire le bien, c'est cela qu'il apprendra de son père.

Le huitième tome ne fait donc pas défaut à la règle, la philosophie règne en lui et celle-ci rentre inconsciemment en nous et nous éduque. C'est là la force de Rowling, elle nous transmet des valeurs de justice, et de morale qui mènent au bonheur.

Guilhem R. (article publié dans Les Cris n°17, décembre-janvier 2018)

 


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