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Les Cris, la suite

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Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


La meilleure série TV jamais réalisée ?

Publié le 9 Février 2013, 18:19pm

Catégories : #La voie des séries

La meilleure série TV jamais réalisée ?

La série américaine « The Wire » ou « Sur écoute » en français compte 60 épisodes de 58 minutes pour 5 saisons. Elle s'inspire du livre « The Corner » (Titre original : The Corner, a year in the life of an inner-city neighbourhood, Broadway Books, 1997) écrit par David Simon, ancien journaliste au Baltimore Sun City desk, et d’Ed Burns, ancien inspecteur de police et enseignant à Baltimore.

« THE WIRE », OBJET D’ETUDE SOCIOLOGIQUE A HARVARD

Les intrigues tournent autour d’enquêtes policières réalisées par des inspecteurs d’un commissariat du West Baltimore. Mais, les « écoutes » à proprement parler ne constituent souvent qu’un aspect secondaire tant les sujets abordés dépassent le simple cadre de l’enquête policière. De plus, le matériel d’écoute utilisé n’a rien à voir avec l’ultra-sophistication que l’on peut retrouver dans la série N.C.I.S diffusée sur M6 le même jour en « prime time ».

Les investigations menées par les inspecteurs Shakima « Kima » Greggs (Sonja Sohn) ou James « Jimmy » Mc Nulty (Dominic West) sont loin de celles peu réalistes menées par Les Experts. Et c’est bien de la réalité dont il est question dans « The Wire », une réalité qui fait parfois froid dans le dos, l’implacable réalité des villes américaines fortement marquées par la ségrégation socio-spatiale. Car c’est bel et bien de Baltimore dont les auteurs de la série tentent de brosser le tableau ou plus précisément d’en peindre une fresque urbaine complexe et il est vrai plutôt pessimiste.

Par ailleurs, la prestigieuse université de Harvard a fait de la série un objet d'étude pour un cours sur les inégalités sociales. William Julius Wilson, sociologue américain, spécialiste des ghettos noirs, expliquait au Washington Post que "mieux que n'importe quelle étude, la série illustrait les raisons de l'accroissement des inégalités".

UNE MULTITUDE DE PERSONNAGES

La situation socio-économique de la métropole de la côte Est américaine est perçue à travers le prisme de différents personnages qui apparaissent dans la série : policier comme le rigide Lieutenant Daniels (Lance Reddick), chef d’un puissant gang comme « Stringer » Bell (Idriss Elba) qui en parallèle de ses activités criminelles suit avec assiduité et brio des études d’économie à l’université, toxicomane et indicateur comme l’attachant « Bubbles » (Andre Royo), docker-syndicaliste soucieux de préserver des emplois comme Franck Sobotka (Chris Bauer), jeune dealer au « corner » comme Namond « Nay » Brice (Julito McCullum), ambitieux homme politique comme Thomas Carcetti (Aydan Gillen) qui rêve d’occuper la place de maire dans un bureau feutré du clinquant quartier des affaires de la ville.

« LE CORNER LES AURA TOUS »

Chacune des 5 saisons est bâtie sur une composante de la ville de Baltimore.

La première saison traite du thème de la « guerre » perdue d’avance contre le trafic de drogue dans l’immense ghetto du West Baltimore, partie de la ville autrefois prospère puis désertée par les classes moyennes blanches préférant un pavillon de banlieue, et est aujourd’hui presque uniquement habitée par une population pauvre et noire exclue du « rêve américain ».

La saison 2 aborde la question de l’activité déclinante du port de Baltimore, touché de plein fouet par la désindustrialisation des années 1980-1990, par la baisse de son activité mais pas de ses trafics illicites et la corruption.

La troisième saison présente la lutte pour le contrôle politique de la ville ou ces différents quartiers ne sont plus abordés que sous la forme de statistiques et de périmètres électoraux à gagner ou de voix à glaner.

La saison 4 dresse le triste constat d’échec de l’institution scolaire publique américaine à travers l’itinéraire de plusieurs enfants du ghetto. En regardant la dernière scène de la quatrième saison, on ne peut s’empêcher de penser aux derniers mots du livre de Simon et Burns : « Le corner les aura tous ».

La dernière saison se penche sur le métier de journaliste et les dérives que peuvent induire le glissement du « quatrième pouvoir » vers le sensationnel avec, en toile de fond l’émergence d’un redoutable gang dirigé par le jeune et inquiétant Marlo Stanfield (Jamie Hector) et ses redoutables acolytes « Snoop » (Felicia Pearson) et Chris (Gbenga Akinnagbe)

Le réalisme des scènes tournées dans ce « milieu naturel » qui a tous les airs d’une « jungle urbaine », à la différence de la majorité des autres séries télévisées réalisées dans les studios d’Hollywood, rend parfois les épisodes aussi proches du documentaire que de la fiction. La profondeur donnée aux différents personnages, la justesse des scénarios, la rigueur avec laquelle les sujets sont présentés, le constat sombre mais lucide d’une société urbaine américaine duale et l’absence d’un manichéisme naïf et moralisateur trop souvent propre aux séries américaines font, pour plusieurs critiques, de « The Wire » la meilleure série télévisée jamais réalisée.

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