Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les Cris, la suite

Les Cris, la suite

Le blog du journal du lycée Jean Vilar VLA


Le suicide chez les jeunes, un sujet tabou et troublant

Publié par Nicolas I. sur 7 Janvier 2013, 13:46pm

Catégories : #En savoir plus sur ...

Le suicide est un sujet tabou très peu abordé chez les jeunes et pourtant majeur. Chaque année, plus d'un million de personnes sont victimes du suicide. En France, selon les chiffres de l’INSEE, ce sont près de 150 000 personnes qui tentent de mettre fin à leurs jours et 12 000 personnes qui y parviennent. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 12 à 25 ans.

LE SUICIDE LIE A UN CONTEXTE HISTORIQUE POUR LA GENERATION DU « BABY BOOM »

Ces chiffres troublants montrent l'impact d'un malaise général présent chez les jeunes et qui s'est accentué dans les années 1970-1980 après la génération du "Baby Boom" dont le taux de suicide est passé de 1,73 à 2,13 pour 10 000 habitants (par rapport à la génération précédente). Une génération qui s'inscrit dans l'après-guerre et ayant vécu dans un contexte très particulier, celui d'un après-guerre traumatisante, une déception assez importante après mai 68 ou encore la hausse importante du chômage suite à la crise pétrolière de 1973 dont le pic de mortalité de 1976 s'expliquerait par ce fait.

LE SUICIDE : SIGNE DE TROUBLES DEPRESSIFS GRAVES

Bien que le contexte historique puisse accentuer l'effet de comportements dépressifs, le suicide ne s'arrête pas seulement à la survenue d'évènements politico-économiques. Il est signe de profonds troubles et souffrances intérieures allant jusqu'à l’adoption de comportements potentiellement dangereux pour l'individu mais pouvant être facilement repérés par des signes visibles. Le suicide peut-être le résultat de nombreux facteurs comme une déception amoureuse, la perte d'un proche ou d'un ami, le rejet à l'école….

D'un point de vue extérieur, certaines raisons peuvent nous paraître très minimes mais elles ne doivent pas être prises à la légère car elles ont un rapport de causalité avec l’acte très important. L'adolescent, qui est en période de construction, peut-être très facilement déstabilisé par des évènements extérieurs modifiant son mode de vie quotidien ou chamboulant ses motivations personnelles (qu'elles soient affectives, familiales...).

L’AVIS D’UN SPECIALISTE : « UNE TENTATIVE DE SUICIDE, MEME EN APPARENCE BENIGNE NE DOIT JAMAIS ETRE NEGLIGEE »

Pour étayer notre analyse, nous avons demandé au Dr Rouyer, pédopsychiatre, chef de service dans l'Eure et Loir et praticien attaché à l'hôpital Robert Debré à Paris, de nous expliquer les causes du suicide chez les jeunes. Voici ce qu'il en a été tiré :

1) « C'est la première cause de décès sans cette tranche d'âge après les accidents de la route.

2) Les suicides réussis concernent plus souvent les garçons. Mais les tentatives non abouties concernent plus souvent les filles. Chez les garçons les modalités de passage à l'acte sont généralement plus violentes et brutales (arme a feu, défenestration , pendaison) que chez les filles (médicaments) mais ceci est une tendance plus qu'une généralité.

3) On distingue des facteurs de risque endogènes parmi lesquels la notion d’antécédents familiaux et ou personnels de troubles de l'humeur, plus particulièrement de troubles bipolaires et la notion d'antécédents familiaux de suicide et d'antécédents personnels de tentative de suicide. On peut retenir également la notion de faible tolérance à la frustration.

4) Dans les facteurs exogènes, on retiendra un environnement familial peu sécurisant (famille désunies, ruptures multiples de liens d'attachement, la notion de tentative de suicide ou de suicide dans l'entourage proche, le fait d'être atteint de dépression, le fait d'être déjà passé à l'acte. »

Le Docteur Rouyer a aussi ajouté : « Si la tentative de suicide ne s'inscrit pas toujours dans le cadre d'une dépression, elle est toujours le signe d'un profond malaise et ne doit jamais être négligée. L'intentionnalité suicidaire est le plus souvent ambivalente et le passage à l'acte s'inscrit alors dans une situation d'impasse à laquelle le jeune ne perçoit pas immédiatement d'issue. Parfois il cherche juste à échapper ou fuir une situation mais la dangerosité des moyens mis en oeuvre est souvent sans commune mesure avec la situation ».

UNE TENTATIVE DE SUICIDE NE DOIT JAMAIS ETRE PRISE A LA LEGERE

Ce qui nous laisse penser qu’une tentative de suicide, même en apparence bénigne ne doit jamais être négligée (il n'y pas toujours de corrélation entre la gravité des faits et l'intentionnalité suicidaire). Même si certains suicides réussis ont pu sembler imprévisibles, nombre d'entre eux sont souvent précédés par des tentatives de suicide ou d’équivalents comportements suicidaires mineurs. C'est également une idée reçue de penser que quelqu'un qui évoque ouvertement des pensées suicidaires ne passera pas à l'acte.

Toute idéation suicidaire, toute tentative de suicide chez un jeune doit être prise au sérieux et conduire s'il y a lieu à une hospitalisation (en cas de passage à l'acte même bénin) et à un entretien individuel mais également familial, non seulement parce que ce dernier peut permettre de révéler des éléments capable d'éclairer le geste mais également parce qu'il est nécessaire d'évaluer (et parfois de renforcer) le caractère sécurisant de l'environnement familial.

« UNE DETRESSE TROP GRANDE PEUT CONDUIRE AU SUICIDE, MEME SI LE SUICIDE N'EST AU FOND REELLEMENT QU'UN APPEL AU SECOURS, ENTENDU TROP TARD » (Bruno Samson)

Des personnes peuvent se trouver en situation de détresse autour de nous, c'est pour cela qu'il est important de prendre des mesures avant qu'il y ait passage à l'acte. Certains signes précurseurs préviennent d’un suicide : l’isolement, l’auto-mutilation, la mise en ordre d'affaires et le don de choses significatives, l’abus d'alcool ou de drogues, un comportement impulsif, des changements de comportement, des écrits à propos de la mort et du suicide ...

Des lignes anonymes d'écoute sont à la disposition des jeunes ayant besoin d'aide psychologique aux numéros suivants : le 08 92 70 12 38 SOS DEPRESSION et le 01 45 39 40 00 SUICIDE ECOUTE ou encore SOS SUICIDE PHENIX au 08 25 12 03 64.

Alors aidons-nous les uns et les autres, soyons là pour ceux qui ont besoin de soutien, car qu'est-ce qui nous assure que demain, nous aussi nous n'en aurons pas besoin ?

Nicolas I.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents